Le
Centre de Recherche du CRECI a publié, en partenariat avec CM-CIC
Securities, société de Bourse du groupe Crédit Mutuel
- CIC, une étude sur le stress en entreprise. Le stress au travail
est un sujet émergent, à la jointure de la vie de l’entreprise,
du management et de la performance économique. La matérialité
de son coût pour la société toute entière est
certaine. En revanche, la matérialisation des coûts en terme
de résultats financiers restait jusqu’à présent
peu explorée.
Le Centre de Recherche du CRECI et CM-CIC Securities se sont associés
afin d’avoir une vue d’ensemble des mécanismes en jeu,
des questions managériales à l’impact potentiel pour
l’investisseur. L’étude s’appuie notamment sur
le résultat d’une enquête menée par le CRECI
auprès d’un panel de participants à ses formations
en management, ainsi que sur l’analyse des pratiques en cours au
sein des sociétés du Stoxx 50 et du CAC 40 et de leurs effets
potentiels.
Le stress, nouvel amiante des 20 prochaines années ?
La pression de l’enjeu et des résultats s’est accru,
à tel point que le conflit social devient un luxe que les salariés
ne se permettent plus qu’avec parcimonie : une augmentation du stress
est donc inéluctable. Ses effets se font surtout sentir au niveau
macro-économique. La société supporte pour l’instant
cette externalité sans en faire retomber les effets sur l’entreprise.
Néanmoins, des signes forts, aux Etats-Unis comme en Europe, attestent
d’un changement naissant dans ce domaine (le stress est désormais
reconnu comme un risque professionnel par les partenaires sociaux européens).
Pour autant, il reste un facteur aggravant mais rarement déclenchant
de maladies cardio-vasculaires, d’obésité, de tabagisme,
d’alcoolisme, de dépression, ce qui rend peu probable avant
longtemps la mise en cause directe de l’entreprise devant les tribunaux.
Quels coûts pour l’entreprise ?
Les coûts du stress pour l’entreprise restent le plus souvent
cachés. Après examen, 6 types de coûts peuvent être
identifiés (assurance et sécurité sociale, juridiques,
organisationnels directs, organisationnels indirects, réputationnels
et décisionnels). Parmi eux, seuls les coûts organisationnels
directs – pertes d’efficacité dues à l’absentéisme
- peuvent être estimés. D’après nos calculs,
ils représenteraient de 0,1 à 1,8% de la masse salariale
suivant les cas.
Face au stress, des solutions
Sur le plan managérial, le stress est un phénomène
tant interne (lié à l’individu lui-même) qu’externe
(lié à l’environnement de travail). Ce qui est en
cause dans les effets négatifs du stress, ce n’est pas tant
la pression externe que la capacité des individus à y faire
face. L’enjeu pour le management est donc de donner à chacun
les moyens de se renforcer pour mieux vivre les exigences incontournables
- voire vitales - de l’entreprise. C’est par cette voie que
le management servira à la fois l’actionnaire dans ses attentes
financières, le client dans ses demandes et le collaborateur dans
ses motivations. |