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Pas de performance sans échec !




Quelle est la place de l’échec dans la performance ? un gros mot pour certains, une évidence pour d’autres. L’échec revêt un sens différent en fonction des domaines ou disciplines dans lesquels on le retrouve. En effet, si l’on se place du côté de la science, de l’informatique, il est une étape nécessaire / incontournable pour réduire le champ de notre ignorance. Il apparaît ici comme un moyen de nourrir notre savoir au travers de découvertes. Du côté de la discipline sportive, c’est un moyen d’atteindre la sagesse qui servira la victoire future. La psychologie distingue, quant à elle, deux états d’esprit face à l’échec : un état « fixe » et un état « dynamique ».

En effet, la façon dont chacun de nous appréhende l’échec dépend de son positionnement face à lui. Nous pouvons nous remettre en question, nous interroger sur nos véritables capacités, remettre en cause notre valeur et ainsi nourrir des doutes sur notre propre personne. A l’inverse, il nous arrive de saisir l’échec comme une opportunité d’innover, de découvrir d’autres chemins pour atteindre nos objectifs ou encore d’identifier les comportements qui nous mènent à la réussite. Au cours de notre vie, nous pouvons investir tant l’une que l’autre. 


La question est donc : comment passer d’un état fixe à un état dynamique de façon pérenne pour faire de chaque échec un vecteur de performance ? et comment le manager ?


I-Pourquoi vit-on mal l’échec ?

Nous sommes tous confronté de temps en temps à « l’échec », dont il nous arrive de garder un goût amer et parfois même un sentiment d’incapacité à le surmonter. On se retrouve dans une spirale infernale où chaque échec prend de l’ampleur et semble se répéter indéfiniment. Si l’on prend le temps d’observer notre état d’esprit dans cette situation et nos réelles motivations, nous trouvons les clés pour comprendre le mal engendré par celui-ci. L’échec nous paraît être un obstacle à notre progression, car il nous ramène sans cesse à nos doutes, nos faiblesses, nos peurs… Il prend un malin plaisir à nous tourmenter quand on lui associe une évaluation, une validation de notre valeur. Ainsi, chaque échec réduite / grignote notre confiance et estime de nous-même.


            Nous avons tous été confronté à l’échec et penser que certaines personnes ont naturellement de meilleures capacités pour les surmonter est un leurre, une excuse pour justifier notre position fixe. A votre avis, si après ses 8 échecs aux élections et nombreuses faillites, Abraham Lincoln avait comme principale motivation sa valeur, aurait-il poursuivi son désir et serait-il devenu président des Etats-Unis à plus de 50 ans ? On peut imaginer que les Etats-Unis auraient connu une histoire différente, mais ce qui l’animait était plus fort que la perception de sa valeur face à ces échecs.


En tant que manager, il est essentiel de séparer l’échec de l’évaluation et dissocier ce que réussit ou non la personne de ce qu’elle est fondamentalement.


II-Quand vit-on bien l’échec ? 

Choisir le progrès, c’est accepter que l’échec fasse partie intégrante du processus. C’est aussi contribuer à un projet, un dessein qui fait sens pour nous, où chaque échec est un pas de plus vers le succès, car il lève le voile sur ce qui ne marche pas.   


L’échec est mieux vécu quand le chemin prime sur le résultat, et où, de manière consciente ou inconsciente, on adopte dans ces situations un état d’esprit dynamique. En effet, comme un scientifique, investir une posture de chercheur renforce la soif d’apprendre, de découvrir, de progresser et chaque échec apparaît alors comme une opportunité de valider ou invalider une hypothèse, un parti pris, une idée… Nous pouvons ainsi comprendre ce qui ne marche pas, pourquoi, mais aussi identifier les comportements qui nous permettent de réussir, d’atteindre nos objectifs. Adopter cette posture, c’est s’inspirer de Thomas EDISON lors de la création de l’ampoule électrique, qui a expérimenté plus de 6 000 filaments différents avant d’atteindre son objectif et de révolutionner le monde.


Comme lui, nous avons tous en tête un échec qui nous a permis de nous surpasser, d’en apprendre plus sur nous, de mieux nous comprendre, mais aussi de dépasser notre objectif initial en développant un potentiel que nous avions sous-estimé. Accepter l’échec, c’est rebondir, lâcher prise, dépasser les limites que l’on avait pu se fixer, accepter de ne pas tout savoir, de ne pas tout comprendre et de sortir de sa zone de confort.


Prenez 5 minutes pour penser à un échec encore mal digéré et analysez l’état d’esprit qui vous animait alors :

  • Volonté de maîtrise / Lâcher-prise assumé

  • Sentiment d’invulnérabilité / Sensation de vulnérabilité

  • Quête du parfait / Chemin de progrès

 

III- Qu’est-ce que cela signifie en management ?


L’échec fait partie intégrante de notre quotidien, il n’est pas pour autant toujours aisé de le manager. Il est la raison pour laquelle le débriefing a toute son importance ! Il permet de réduire le champ de l’interprétation, les ruminations que l’on peut connaître à la suite d’un échec, en évoquant le sujet directement après l’avoir identifié. Plus l’on intervient vite après un échec, plus nous pouvons en faire un événement vertueux de progrès qui conduira à la performance.


Nous distinguons 5 étapes clés afin de tirer les bénéfices d’un échec :

  1. Expliciter : l’échec en ces termes, laisser le collaborateur exprimer ce qu’il ressent,

  2. Dissocier : les faits de la valeur de la personne, ce sur quoi il est possible d’agir ou plus,

  3. Comprendre : ce qu’il s’est passé, faire cheminer l’autre à travers des questions pour permettre une analyse et compréhension des causes profondes de l’échec,

  4. Choisir : mettre l’autre face à la décision de se mettre en mouvement ou de rester statique et de ne pas progresser,

  5. Investir : un management, des objectifs, un plan d’action, des rituels de management pour enclencher un nouvel état d’esprit.

Le management vise à libérer l’autre de sa propre aliénation à l’échec afin d’assurer son émancipation et d’accroître sa performance, en faisant de la collaboration une expérience créditrice permettant de ne jamais rompre la courbe de progrès.

 

Pour conclure, le rapport à l’échec dépend de notre posture. De prime abord, l’échec est neutre, il revêt un caractère positif ou négatif seulement si nous en décidons ainsi.

Tout comme on ne peut pas savoir si l’on aime ou pas avant d’avoir goûté,

on ne peut pas savoir ce qui marche avant d’avoir essayé !

Vouloir fuir l’échec c’est craindre son ombre…

 

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